29 avril 2026

Force armée conjointe de l’AES : un pas vers une coopération militaire renforcée

force armée conjointe de l’AES : un pas vers une coopération militaire renforcée

Les juntes militaires du Mali, du Burkina Faso et du Niger, regroupées au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), affichent leur volonté de renforcer leur collaboration face aux défis sécuritaires. Depuis leur prise de pouvoir par des coups d’État entre 2020 et 2023, ces régimes prônent une politique de souveraineté accrue et s’éloignent progressivement des influences occidentales.

un sommet historique pour lancer une force multinationale

Le chef de la junte malienne, Assimi Goïta, a accueilli Bamako lundi son homologue nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Le capitaine Ibrahim Traoré, dirigeant du Burkina Faso, est attendu mardi pour clore cette rencontre, marquant ainsi la deuxième journée de ce sommet stratégique.

L’objectif principal de cette réunion est de concrétiser la création d’une force armée conjointe destinée à contrer l’expansion des groupes jihadistes sur ces territoires fragilisés. Une étape symbolique a été franchie samedi lorsque Assimi Goïta a remis un étendard à la Force Unifiée de l’AES (FU-AES).

Cette cérémonie officielle, qualifiée de « marquant l’entrée en activité de cette force multinationale stratégique » par les autorités maliennes, reste pour l’instant un engagement théorique. Aucune date n’a été annoncée pour son déploiement effectif.

une menace jihadiste qui s’étend et s’intensifie

Ces trois pays subissent depuis plus de dix ans les assauts répétés de groupes affiliés à Al-Qaida et à l’État islamique. Malgré leurs efforts, ces organisations continuent de semer la terreur, notamment dans le sud du Mali, où elles perturbent gravement l’économie locale.

Les pays voisins, comme le Burkina Faso et le Niger, ne sont pas épargnés. Les attaques persistantes des jihadistes minent la stabilité des pouvoirs en place et poussent des milliers de civils à fuir leurs foyers, aggravant ainsi la crise humanitaire.

Un responsable du ministère malien de la Défense a déclaré à l’AFP : « Nous avons mobilisé les ressources nécessaires. Chaque nation contribue avec des soldats et du matériel. Nous combattrons ensemble sur le terrain. »

des avancées économiques et médiatiques en parallèle

En marge des discussions militaires, les dirigeants de l’AES ont également posé les bases d’une banque d’investissement commune, dont le siège sera basé à Bamako. Ce projet, encore en phase de validation, vise à dynamiser l’économie régionale.

Par ailleurs, la création de « Télévision AES », une chaîne médiatique dédiée, a été inaugurée lundi. Bien que sa date de lancement officielle n’ait pas été précisée, cette initiative reflète l’ambition des trois pays de promouvoir une communication unifiée et indépendante.

un recentrage géopolitique marqué

L’Alliance des États du Sahel a choisi de s’affranchir de l’influence de l’ancienne puissance coloniale française et du cadre traditionnel de la CEDEAO. Elle se tourne désormais vers de nouveaux partenaires, notamment la Russie, pour renforcer ses capacités militaires et économiques.

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