7 mai 2026

Famine imminente : le cri d’alarme de l’ONU pour 16 régions du monde

FILE PHOTO: Palestinians wait to receive food from a charity kitchen after the global hunger monitor, Integrated Food Security Phase Classification (IPC), said that Gaza City and surrounding areas are officially suffering from famine that will likely spread, in Gaza City, August 28, 2025. REUTERS/Mahmoud Issa/File Photo

Le spectre de la famine plane sur des millions de personnes à travers le globe. C’est le constat alarmant dressé par deux agences spécialisées des Nations unies, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM). Dans un rapport conjoint, elles soulignent une aggravation de la pénurie alimentaire sévère dans 16 régions du monde, une situation rendue encore plus précaire par des financements humanitaires limités.

Le rapport identifie plusieurs niveaux d’urgence. Au sommet de la liste des pays les plus affectés se trouvent Haïti, le Mali, la Palestine, le Soudan du Sud, le Soudan et le Yémen. Pour ces nations, le risque d’une « famine catastrophique » est jugé imminent.

Une vigilance accrue pour d’autres régions

Une situation qualifiée de « très préoccupante » concerne également l’Afghanistan, la Birmanie, le Nigeria, la République démocratique du Congo, la Somalie et la Syrie. Le document met aussi en lumière la précarité au Burkina Faso, au Tchad, au Kenya, ainsi que les conditions de vie des réfugiés rohingyas au Bangladesh.

Les causes de cette détérioration sont multiples et s’entremêlent : les conflits armés, l’instabilité économique, les événements climatiques extrêmes et un déficit de financement criant viennent aggraver des situations déjà fragiles, selon le communiqué de la FAO et du PAM.

Cindy McCain, la directrice générale du PAM, tire la sonnette d’alarme : « Nous sommes au bord d’une catastrophe alimentaire totalement évitable ». Elle insiste sur le fait que l’inaction actuelle ne ferait « qu’aggraver l’instabilité » dans les régions concernées.

Un financement humanitaire en crise

Le rapport met en évidence un déficit de financement « dangereusement insuffisant ». Sur les 29 milliards de dollars requis pour assister les populations les plus vulnérables, seuls 10,5 milliards ont été collectés. Cette situation met l’aide alimentaire, particulièrement celle destinée aux réfugiés, « au bord de la rupture ».

Concrètement, le PAM a déjà été contraint de diminuer son aide aux réfugiés et aux déplacés, et même de stopper des programmes de cantines scolaires dans plusieurs pays. De son côté, la FAO s’inquiète pour la pérennité des moyens de subsistance agricoles et souligne le besoin urgent de fonds pour fournir des semences et des services de santé animale.

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, conclut en rappelant que la prévention de la famine est bien plus qu’un « devoir moral ». Il s’agit d’un « investissement judicieux pour la paix et la stabilité à long terme ».

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