7 mai 2026

Faladiè à Bamako : une urgence humanitaire après la démolition

Une opération controversée à l’impact dramatique sur les déplacés

Le marché à bétail de Faladiè, en périphérie de Bamako, a été rasé par des bulldozers dimanche 19 avril 2025. Cette démolition, prévue depuis septembre 2024, visait à éloigner les marchés suspectés d’avoir abrité des combattants djihadistes après les attaques de Jnim contre des installations militaires. Cependant, ce site abritait également un camp de déplacés internes, majoritairement originaires du centre du Mali.

Résultat : plus de 300 familles, soit plus de 2 000 personnes principalement des femmes et des enfants, se retrouvent sans abri. « Nous avons quitté notre village il y a six ans », témoigne Dado, une mère de famille originaire du cercle de Bankass, qui fuit les violences en 2020.

Des vies bouleversées par une décision brutale

« Nous sommes au nombre de sept : ma mère, mes deux filles et mes trois garçons. Nous pensions être en sécurité ici, après avoir fui la guerre. » Ces propos illustrent le désarroi des déplacés, qui espéraient trouver refuge dans la capitale. Aujourd’hui, leur campement est détruit, et leur avenir incertain.

Le camp informel de Faladiè, créé en 2019, bénéficiait jusqu’alors du soutien d’organisations humanitaires et des autorités maliennes. Mais depuis la démolition, ces familles n’ont plus accès à l’eau, à la nourriture ni aux soins. « Avant, nous ramassions les déchets pour les revendre. Aujourd’hui, nous manquons de tout. Le plus urgent ? Trouver un toit. »

Sanankoroba, un site de relocalisation jugé inadapté

Officiellement, les déplacés devaient être redirigés vers Sanankoroba, à 35 km de Bamako, où un site aménagé par l’État était censé les accueillir. Pourtant, selon les vendeurs de bétail, ce site est non fonctionnel.

« Maintenant, on nous demande de partir. Nous n’avons pas le choix. Mais nous supplions les autorités de nous trouver un autre endroit. » Dado et ses proches ne demandent qu’une chose : un lieu où se reconstruire.

La Direction nationale du développement social n’a pas encore communiqué officiellement sur la situation, déclarant qu’il était « trop tôt » pour se prononcer.

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