21 mai 2026

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Drame humain à Téné : des frappes de drone de l’armée malienne endeuillent des civils

Un événement tragique a secoué la localité de Téné, au centre du Mali, ce dimanche, où des frappes de drone attribuées à l’armée malienne ont provoqué la mort d’au moins dix civils. Parmi les victimes figuraient de jeunes adultes qui se préparaient à célébrer un mariage collectif traditionnel, transformant un moment de joie attendu en une profonde désolation. Ce drame met en lumière la persistance et l’intensité de la crise sécuritaire qui sévit dans le pays, marquée par une spirale de violences.

Mali : au moins 10 civils tués dans des frappes de drone de l’armée

Les frappes de drone ont ciblé spécifiquement la région de San, où se trouve Téné. Cet incident survient dans un contexte sécuritaire extrêmement tendu au Mali, faisant suite à des attaques d’envergure menées fin avril par des groupes jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, ainsi que par la rébellion du Front de libération de l’Azawad (FLA), majoritairement touarègue.

Dans ce pays déchiré par les conflits, les civils sont fréquemment pris entre deux feux. Accusés de collaborer avec l’une ou l’autre partie, ils sont régulièrement victimes de représailles et d’exactions, qu’elles proviennent de l’armée malienne et de ses alliés russes, ou des groupes jihadistes.

Un habitant de Téné, témoin de la tragédie, a confié que « dix de nos jeunes ont été tués par des tirs dont l’origine reste incertaine ». Il a ajouté avec amertume que « ce qui devait être un moment de grande joie pour le village s’est transformé en une immense tristesse et un deuil profond. »

Une source sécuritaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a confirmé l’existence de ces frappes. Elle a précisé que « le drame est survenu alors que les villageois s’apprêtaient à organiser la deuxième édition de ce mariage traditionnel collectif, un événement culturel majeur pour la communauté ». Selon cette source, les frappes auraient visé « un cortège de plusieurs motos », ce qui aurait potentiellement « attiré l’attention des drones ». Le bilan s’élève à au moins neuf morts d’après ses informations. Un élu local a également corroboré la perte d’une dizaine de vies civiles, confirmant qu’« un mariage était prévu lorsque les drones ont tué au moins dix civils. C’est un véritable deuil pour nous. »

Contexte sécuritaire tendu au Mali

Le Mali traverse une crise sécuritaire sans précédent depuis les attaques de fin avril menées par des groupes armés contre la junte au pouvoir, qui semble plus vulnérable que jamais. Les forces armées maliennes ont perdu le contrôle de plusieurs localités stratégiques dans le nord du pays, notamment la ville-clé de Kidal. Par ailleurs, le ministre de la Défense, Sadio Camara, figure emblématique de la junte, a trouvé la mort.

Depuis le 30 avril, un blocus routier a été instauré sur plusieurs axes vitaux menant à Bamako. Ces derniers jours, des véhicules de transport et de marchandises à destination de la capitale ont été incendiés par des jihadistes. Début mai, des attaques revendiquées par le JNIM ont causé des dizaines de morts dans le centre du pays.

Face à cette escalade de violences, trois organisations de la société civile, dont la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont déposé une plainte le 20 avril devant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Cette plainte concerne des violations présumées des droits humains commises au Mali, impliquant directement les forces armées maliennes et leurs alliés russes.

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