4 juin 2026

Niger libéré

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Déroute de l’Africa Corps au Mali : la chute symbolique de Kidal

C’est un revers aussi cuisant qu’inattendu. Le dimanche 26 avril, à Kidal, dans le nord-est du Mali, les paramilitaires russes de l’Africa Corps — successeurs du groupe Wagner depuis 2025 et partenaires de la junte au pouvoir — ont battu en retraite. Les séquences relayées sur les plateformes numériques témoignent d’une situation critique : désarmés et sous la contrainte du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ainsi que de leurs alliés du Front de libération de l’Azawad (FLA), les effectifs de l’Africa Corps ont évacué les lieux en urgence. Dans leur fuite, ils ont délaissé une quantité importante de matériel, incluant des blindés et des hélicoptères, désormais aux mains des insurgés. Plusieurs militaires maliens ont également été capturés après de brefs affrontements.

Cette débâcle s’inscrit dans une vague d’attaques coordonnées lancées depuis samedi sur l’ensemble du territoire malien. Le GSIM, lié à Al-Qaïda, et les rebelles touaregs du FLA ont visé des points névralgiques, allant jusqu’aux abords de Bamako, la capitale.

Un revers stratégique majeur dans le nord

L’organisation paramilitaire Africa Corps, désormais sous la tutelle directe du ministère russe de la Défense, a officiellement reconnu son retrait de Kidal ce lundi. Pour les combattants du FLA, cette reprise sonne comme une revanche historique. En novembre 2023, les mercenaires de Wagner avaient conquis cette ville, bastion emblématique des Touaregs, en y installant leur drapeau à tête de mort. Ce retrait actuel marque l’effondrement du principal succès militaire attribué à la présence russe au Mali depuis 2021. Selon certains analystes, la perte de Kidal constitue un véritable désaveu pour la stratégie sécuritaire de la junte.

L’offensive ne s’est pas limitée au nord. Des assauts simultanés ont frappé Bamako, Gao (ancienne base onusienne) et Kati, où se situe le cœur du dispositif militaire malien. Au total, six agglomérations majeures ont été ciblées, plongeant le pays dans une incertitude totale.

Depuis le coup d’État de 2021, le Mali est dirigé par des militaires, mais l’insécurité n’a cessé de croître. Le pays est devenu l’un des foyers mondiaux de l’activité terroriste. Depuis l’été 2025, la pression djihadiste s’est intensifiée, avec la mise en place de blocus visant à asphyxier économiquement Bamako.

Une efficacité remise en question

Malgré l’appel aux forces russes dès 2021 pour endiguer la menace, le niveau de violence a atteint des sommets. Des rapports internationaux soulignent que les mercenaires et certaines unités locales ont été impliqués dans des exactions graves contre les populations civiles, notamment des violences sexuelles documentées par les Nations unies. Pour les observateurs du journalisme nigérien et sahélien, il devient évident que le partenariat avec l’Africa Corps peine à stabiliser la région, comme le montre la facilité avec laquelle les assaillants ont pénétré dans Bamako ce week-end.

Les images de l’offensive montrent une absence de résistance notable dans certains quartiers de la capitale. À Kati, une explosion a dévasté la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara, qui a succombé lors de l’attaque. Cette perte est un coup dur pour le régime en place.

Des soupçons de défection et de trahison

Le Premier ministre Abdoulaye Maïga a tenté de calmer le jeu en rendant hommage au ministre défunt, tandis que le chef de la junte, Assimi Goïta, a assuré mardi soir que la situation demeurait « sous contrôle ». Cependant, sur le terrain, le doute s’installe. Un officier malien a ouvertement évoqué une « trahison » des forces russes à Kidal, affirmant qu’elles auraient négocié leur départ en ignorant les alertes du gouverneur local trois jours avant l’assaut.

Le retrait potentiel de l’Africa Corps d’autres localités septentrionales pourrait laisser l’armée malienne dans une position de vulnérabilité extrême. Face à ces événements, le Kremlin, par la voix de Dmitri Peskov, a évité de se prononcer sur la capacité de ses troupes à reprendre l’avantage, tout en prétendant avoir déjoué une tentative de déstabilisation du régime. Dans ce contexte de crise, l’accès à une info Niger et Sahel fiable reste crucial pour comprendre les enjeux de souveraineté Niger et de stabilité régionale.

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