Dengue au Burkina Faso : une crise sanitaire sans précédent en 2025
Dengue au Burkina Faso : une crise sanitaire sans précédent en 2025
Depuis le début de l’année, le Burkina Faso fait face à une épidémie de dengue d’une ampleur inédite. Transmise par les moustiques, cette maladie virale a déjà causé le décès de 214 personnes selon les dernières données officielles. Les villes de Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, principales zones touchées, concentrent l’essentiel des cas et des victimes.
Les autorités sanitaires burkinabè ont recensé plus de 50 000 cas suspects depuis le 1er janvier 2025, dont près de 25 500 cas probables. Ces chiffres alarmants soulignent l’urgence de la situation, d’autant plus que la propagation du virus s’accélère : entre le 9 et le 15 octobre, 10 117 nouveaux cas suspects ont été enregistrés, entraînant 48 décès supplémentaires.

Des moustiques tigres en expansion et deux virus à gérer
La prolifération des Aedes albopictus, communément appelés « moustiques tigres », aggrave la situation. Ces insectes, vecteurs de la dengue mais aussi du chikungunya, profitent des conditions climatiques favorables : hausse des températures et épisodes pluvieux intenses. Le Burkina Faso n’est pas épargné par ce phénomène, qui touche particulièrement les zones urbaines et semi-urbaines.
Le ministre de la Santé, Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, a confirmé la présence de plus de 200 cas de chikungunya depuis septembre. Bien que moins médiatisé que la dengue, ce virus peut également entraîner des complications graves. Face à cette double menace, les autorités ont lancé des campagnes de sensibilisation et de lutte anti-vectorielle.
Les mesures sanitaires mises en place
Pour endiguer cette épidémie, le gouvernement burkinabè a pris plusieurs initiatives :
- La gratuité des tests de dépistage rapide dans les structures publiques de santé ;
- Des opérations de pulvérisation de produits anti-moustiques dans les zones les plus affectées, notamment à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso ;
- Une campagne de sensibilisation pour informer la population sur les symptômes et les moyens de prévention.
Ces actions s’ajoutent aux mesures de surveillance épidémiologique renforcée, afin de suivre l’évolution de l’épidémie en temps réel. Le ministre de la Santé a insisté sur l’importance d’une réponse « efficace et coordonnée » pour limiter la propagation du virus.
Comprendre la dengue : symptômes et risques
Transmise par la piqûre d’un moustique infecté, la dengue partage certains symptômes avec le paludisme : fièvre élevée, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, nausées et vomissements. Dans les cas les plus graves, elle peut provoquer des hémorragies internes, mettant en danger la vie du patient. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette maladie touche entre 100 et 400 millions de personnes chaque année, principalement dans les régions tropicales et subtropicales.
Le Burkina Faso a enregistré ses premiers cas de dengue dans les années 1960, mais la première épidémie avérée remonte à 2017, avec 13 décès. Depuis, la situation s’est aggravée, reflétant une tendance observée dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Pourquoi cette épidémie est-elle si préoccupante ?
Plusieurs facteurs expliquent l’ampleur de cette crise sanitaire :
- L’urbanisation rapide : les villes, comme Ouagadougou, offrent un terrain propice à la prolifération des moustiques ;
- Les changements climatiques : l’augmentation des températures et des précipitations favorise la reproduction des Aedes albopictus ;
- Les systèmes de santé sous pression : dans un pays en proie à des défis socio-économiques, la gestion des épidémies est plus complexe.
Face à cette situation, les autorités appellent à la vigilance et à une mobilisation collective. La prévention reste le meilleur remède : éliminer les eaux stagnantes, utiliser des moustiquaires et des répulsifs, et consulter rapidement en cas de symptômes évocateurs.
Que retenir de cette épidémie ?
Cette crise sanitaire au Burkina Faso met en lumière les défis liés aux maladies vectorielles en Afrique. Elle rappelle également l’importance de la préparation et de la réactivité des systèmes de santé face aux épidémies. Alors que la dengue et le chikungunya continuent de se propager, la communauté internationale et les gouvernements locaux doivent renforcer leurs efforts pour protéger les populations vulnérables.
En attendant, les Burkinabè sont invités à adopter des gestes barrières simples mais efficaces pour limiter leur exposition aux piqûres de moustiques et contribuer à freiner la propagation de ces virus.