26 septembre 2026

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Déblacklistation du général Olenga : le basculement stratégique qui change la donne en RDC

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Le 23 septembre 2026 restera comme la date du basculement. Après neuf ans d’isolement financier et diplomatique, le général François Olenga Tete et son complexe Safari Club ont été retirés de la liste noire du département du Trésor américain. Une décision de l’OFAC qui met fin à près d’une décennie de sanctions et ouvre une nouvelle ère pour l’ancien chef de la garde rapprochée de Joseph Kabila.

Une notification officielle qui scelle neuf ans de combat

L’annonce a été faite par son avocat, Me Aimé Kilolo Musamba, dans un communiqué transmis le vendredi 25 septembre. « Le Département du Trésor des États-Unis m’a officiellement notifié la décision de l’OFAC de retirer le Général François Olenga Tete et Safari Club de la liste américaine des sanctions », a-t-il déclaré. Cette décision marque l’aboutissement de plus de neuf années de démarches, de plaidoyers et de voyages répétés à Washington pour défendre le dossier auprès des institutions américaines.

Me Kilolo n’a jamais cessé de soutenir que les éléments du dossier ne justifiaient pas le maintien de telles mesures contre son client. Pour lui, cette issue favorable démontre qu’un avocat africain peut porter une défense au plus haut niveau international, affronter les mécanismes juridiques complexes des grandes puissances et faire entendre les arguments de son client. Une victoire qui, selon lui, doit servir d’exemple à toute la RDC.

Un appel à la souveraineté judiciaire congolaise

Au-delà du cas individuel du général Olenga, l’avocat plaide pour un sursaut national. Il estime que la République démocratique du Congo doit sortir de sa léthargie en matière de sanctions internationales. Face aux crimes internationaux commis notamment dans l’Est du pays, elle ne peut plus se contenter d’attendre que les sanctions individuelles et financières proviennent presque exclusivement des États-Unis ou de l’Union européenne.

« Notre pays, la RDC, doit se doter d’un cadre législatif national permettant à ses propres institutions d’adopter, dans le respect de l’État de droit et des droits de la défense, des sanctions ciblées contre les personnes et entités impliquées dans les crimes internationaux commis sur son territoire », insiste-t-il. Pour Me Kilolo, la souveraineté passe aussi par la capacité d’un État à mettre lui-même en œuvre les instruments juridiques nécessaires à la défense de sa population et de ses intérêts fondamentaux. « Le droit n’a pas de frontière lorsque la défense est portée avec compétence, constance et détermination. Mais la justice internationale ne doit pas davantage être une responsabilité que le Congo abandonne aux autres », fait-il observer depuis Bruxelles.

Retour sur neuf années de sanctions et leurs conséquences

Pour rappel, le général François Olenga avait été inscrit en juin 2017 sur la liste noire financière de Washington, alors qu’il était en charge de la garde rapprochée de l’ancien président Joseph Kabila. Ses avoirs avaient été gelés et il lui était interdit de voyager vers les États-Unis. L’administration américaine lui reprochait des entraves au processus démocratique dans le pays, plongeant ainsi la RDC dans une crise depuis le maintien au pouvoir de Joseph Kabila après l’expiration de son mandat en décembre 2016.

« Sous son contrôle, la Garde républicaine aurait harcelé des opposants politiques, procédé à des arrestations et exécutions arbitraires et entravé l’action des observateurs de l’ONU », détaillait alors le Trésor américain. Depuis, le général Olenga voyait non seulement ses éventuels avoirs aux États-Unis gelés, mais il ne pouvait pas non plus nouer de relations d’affaires avec des entités ou individus américains. Une mesure qui avait également frappé son prestigieux complexe touristique Safari Beach, situé à la N’sele.

Aujourd’hui, non seulement le général quatre étoiles à la retraite peut à nouveau fréquenter les Américains, mais son Safari Beach peut également les recevoir. Un revirement qui, au-delà du symbole, pourrait redessiner les rapports entre Kinshasa et Washington et inciter la RDC à reprendre la main sur sa propre justice.

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