Côte d’ivoire : la lutte contre l’orpaillage illégal porte ses fruits
Côte d’ivoire : la lutte contre l’orpaillage illégal porte ses fruits
Lors d’une séance dédiée à la sécurité nationale, le Chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, a réuni le Conseil national de sécurité (CNS) pour évaluer les avancées dans la lutte contre l’orpaillage illégal. Cette rencontre, tenue au Palais de la Présidence, a mis en lumière les résultats obtenus par le Groupement spécial de lutte contre l’orpaillage illégal (GS-LOI) depuis sa création en 2021.
Un bilan impressionnant en cinq ans
Entre 2021 et le premier semestre 2026, le GS-LOI a mené des opérations décisives sur l’ensemble du territoire. Ces actions ont permis de démanteler plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal, marquant ainsi une avancée significative dans le contrôle des activités minières clandestines.
Les données communiquées révèlent également des chiffres marquants :
- 4 474 individus interpellés, dont une majorité de ressortissants étrangers (65 %) ;
- Plus de 960 millions de FCFA saisis ;
- 136 kilogrammes d’or récupérés ;
- Confiscation et destruction d’engins et équipements utilisés pour cette exploitation illicite.
Ces résultats témoignent de l’efficacité des moyens déployés pour endiguer ce fléau.
Une menace persistante malgré les progrès
Malgré ces succès, le CNS a pointé du doigt la persistance et l’expansion de l’orpaillage illégal dans plusieurs régions du pays. Cette activité illicite continue de représenter un danger majeur pour plusieurs secteurs clés.
Parmi les risques identifiés :
- L’impact environnemental avec la dégradation des sols et des cours d’eau ;
- Les menaces sur la sécurité nationale ;
- La spoliation des ressources naturelles ;
- Les perturbations économiques pour le pays.
Face à ces enjeux, les autorités ont décidé de renforcer les mesures de répression.
Des mesures renforcées pour un contrôle accru
Le Président a donné des instructions claires au Premier ministre, Robert Beugré Mambé, pour intensifier la lutte. Plusieurs axes d’action ont été définis :
Renforcement des responsabilités locales : les autorités administratives, traditionnelles et coutumières, ainsi que les Forces de défense et de sécurité, sont appelées à jouer un rôle central. Cette mobilisation passe notamment par les Comités départementaux de sécurité (CDS) et les Cellules civilo-militaires (CCM), placés sous l’autorité des préfets.
Collaboration internationale : une coopération accrue avec les représentations diplomatiques des pays d’origine des orpailleurs étrangers est prévue. L’objectif ? Sensibiliser davantage et faciliter le rapatriement des individus concernés.
Application stricte de la loi : le Conseil a insisté sur le durcissement des sanctions contre les acteurs physiques ou moraux impliqués dans cette activité illégale. Le Premier ministre a été chargé de présenter rapidement une communication en Conseil des ministres pour renforcer le dispositif national de lutte.
Augmentation des capacités opérationnelles : les moyens du GS-LOI et des unités des Forces de défense et de sécurité intervenant en coordination avec lui seront renforcés.
Une volonté politique affichée
Le CNS a souligné que ces nouvelles orientations traduisent la volonté des autorités ivoiriennes de mettre un terme à l’orpaillage illégal. L’enjeu est double : préserver les ressources naturelles, protéger l’environnement et garantir la sécurité, tout en soutenant le développement économique durable du pays.