Conflit politique majeur au Sénégal après le refus du pastef
La fracture entre Ousmane Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye s’est matérialisée lors d’une conférence de presse organisée à Dakar. L’ancien Premier ministre y a détaillé les motifs qui ont poussé le Pastef-Les Patriotes à décliner sa participation au gouvernement dirigé par Ahmadou Alamine Mohamed Lô.
D’après Sonko, les échanges avec le chef de l’État ont révélé des désaccords profonds sur des enjeux cruciaux pour le Sénégal. Les points les plus sensibles concernent la réforme du système judiciaire, la transparence des finances publiques, la renégociation des accords économiques jugés défavorables ainsi que la gestion de l’endettement national.
Le leader du Pastef a souligné l’absence de garanties satisfaisantes concernant les engagements financiers du gouvernement et les relations futures avec les institutions financières internationales. Il a aussi critiqué la politique de subventions et la conception de la justice portée par l’exécutif.
Par ailleurs, la répartition des postes au sein du cabinet ministériel a alimenté les tensions. Ousmane Sonko a réaffirmé que son parti, majoritaire sur la scène politique sénégalaise, devait occuper une place centrale dans l’équipe dirigeante. Il a insisté sur la nécessité pour le Pastef de contrôler au moins la moitié des ministères pour envisager une collaboration.
L’ancien chef du gouvernement a également questionné la légitimité de la nouvelle équipe, tout en reconnaissant la présence de figures proches de son mouvement. Malgré ces critiques, il a écarté toute volonté de destabiliser l’institution présidentielle, précisant que le Pastef ne présenterait aucune motion de censure contre le gouvernement.
Cette déclaration met en lumière les profondes divergences qui traversent désormais les institutions sénégalaises et marque le début d’une période d’incertitude dans les rapports entre l’exécutif et la principale force politique ayant porté l’alternance de 2024.