Choc mondial : l’Allemagne humiliée et éliminée en 16es de finale de la coupe du monde
Le monde du football est sous le choc après l’élimination prématurée de l’Allemagne en 16es de finale de la Coupe du Monde. La Mannschaft, pourtant considérée comme un outsider sérieux, a chuté face au Paraguay à Boston, concédant une défaite amère aux tirs au but (1-1, 4-3 t.a.b.) ce lundi. Cet échec marque la troisième fois consécutive que la sélection allemande ne parvient pas à se hisser parmi les seize meilleures équipes du tournoi mondial, et, fait inédit, il s’agit de sa première défaite dans une séance de tirs au but en Coupe du Monde.
L’atmosphère en tribune de presse était palpable : la consternation régnait chez les journalistes allemands, tandis que l’euphorie s’emparait des supporters paraguayens, drapés dans les couleurs de l’Albirroja. Un journaliste allemand, visiblement abattu, a qualifié ce jour de « l’un des pires jours pour le football allemand », avant de s’éclipser.
Kimmich face à l’incompréhensible défaite de la Mannschaft
Joshua Kimmich, le capitaine allemand, est apparu devant les médias, le visage fermé, tentant de trouver des explications à cette contre-performance. « C’est terrible », a-t-il déclaré, exprimant sa déception de ne pas avoir pu offrir la joie et la fierté que les jeunes et les fans attendaient d’une équipe nationale habituée aux demi-finales et aux finales mondiales. « Nous n’avons pas réussi. »
« Quand j’étais enfant, je regardais l’équipe nationale, qui était présente en demi-finale, en finale de Coupe du monde. Il y a toujours eu de grands succès qui m’ont influencé. Et c’est une joie qu’on veut donner aux enfants et aux gens restés chez eux. On n’a pas réussi. »
La performance de Kimmich lui-même symbolisait les lacunes de la Mannschaft. Évoluant dans un rôle hybride, ni pur défenseur central, ni arrière droit, ni milieu récupérateur, le joueur du Bayern Munich a déséquilibré l’équipe, notamment le couloir droit où Leroy Sané, en méforme, s’est retrouvé isolé et sans soutien.
Les choix tactiques de Julian Nagelsmann sous le feu des critiques
Face au bloc défensif compact du Paraguay, l’attaque allemande s’est montrée inefficace. Après une première mi-temps stérile, un but de la tête de Havertz a ravivé l’espoir, mais les tentatives se sont limitées à de longs ballons et quelques centres, sans réellement inquiéter le gardien sud-américain Orlando Gill. Les remplacements opérés par Julian Nagelsmann n’ont pas non plus inversé la tendance.
Le sélectionneur, autrefois salué comme un prodige de la Bundesliga, est aujourd’hui la cible de vives critiques en Allemagne. Au-delà du résultat inattendu de la soirée, ses choix tactiques, comme l’entrée de Goretzka à la mi-temps ou celle de Woltemade en fin de match, sont jugés incompréhensibles. La sélection de certains joueurs, notamment Jonathan Tah, Leroy Sané, et surtout Manuel Neuer, âgé de 40 ans et de retour après une retraite internationale, est également remise en question. Malgré une saison compliquée avec le Bayern, Neuer avait été préféré à Oliver Baumann, pourtant plus convaincant.
« Neuer était aussi de l’échec en 2018 et 2022 en ayant été sélectionné au dernier moment. C’est une grosse erreur de l’avoir pris. Et c’est quelque chose qui a perturbé le groupe. Autant les joueurs du Bayern étaient en faveur de son retour en sélection, autant les autres beaucoup moins. Manuel Neuer ne faisait même pas partie des six meilleurs gardiens cette saison en Bundesliga. On ne pourra pas aller loin avec lui au Mondial. »
Malgré deux arrêts décisifs durant le match et un penalty stoppé lors de la séance fatidique, la présence de Manuel Neuer n’a pas suffi. L’ensemble du groupe, d’après certains observateurs, aurait été perturbé par ce choix, les joueurs du Bayern étant en faveur de son retour, contrairement à d’autres.
L’avenir de Nagelsmann en question après l’élimination de l’Allemagne
L’humiliation subie à Boston met la pression sur l’avenir de Julian Nagelsmann. Interrogé sur son poste, le sélectionneur a affirmé ne pas être du genre à fuir ses responsabilités. « Si la Fédération veut que je continue, je continuerai. Et si elle ne le veut pas, elle peut me le dire. Je sais comment le football fonctionne. Il y a probablement beaucoup de monde qui aimerait que je ne continue pas. »
« Je ne suis pas du genre à fuir. Ce n’est pas la première fois que nous vivons ce genre de tournoi. Il y a des choses qu’il faut changer d’une manière ou d’une autre, mais ce n’est pas le moment d’en parler. Si la Fédération veut que je continue, je continuerai. Et si elle ne le veut pas, elle peut me le dire. Je sais comment le football fonctionne. Il y a probablement beaucoup de monde qui aimerait que je ne continue pas. »
Malgré les tensions apparentes, notamment une altercation avec une journaliste, Nagelsmann a pu compter sur le soutien de son capitaine. Joshua Kimmich a en effet insisté sur la responsabilité des joueurs : « Nous, les joueurs sur le terrain, nous avons commis des erreurs et nous en assumons la responsabilité. Ce n’était pas l’entraîneur, ce n’était pas les médias, ce n’était pas l’arbitre, ce n’était pas l’adversaire. C’était nous. » Pendant ce temps, la France, ou la Suède selon le tableau, observe avec intérêt les rebondissements de cette Coupe du Monde.