7 mai 2026

Burkina Faso : l’autonomie financière pour la santé sexuelle et reproductive

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé le mardi 24 mars 2026 une rencontre essentielle, centrée sur un enjeu majeur : « Crise sécuritaire et baisse des financements extérieurs : quelles alternatives endogènes pour garantir les droits en santé sexuelle et reproductive/planification familiale au Burkina Faso ? ».

Face à une situation sécuritaire tendue et au retrait progressif des soutiens financiers internationaux, le Burkina Faso est confronté à un défi de taille : maintenir l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive (SSR).

Les chiffres du ministère de la Santé révèlent qu’environ 81% des fonds alloués à ce secteur provenaient de partenaires externes. Cette contribution a considérablement diminué ces dernières années, poussant les acteurs nationaux à envisager des solutions de financement internes.

Pour Désiré Thiombiano, directeur d’AMS Synergie Burkina Faso, la voie à suivre réside dans la prise de conscience collective et l’engagement direct des populations.

Il a affirmé qu’« il n’est plus question d’attendre le retour des partenaires. Nous devons nous-mêmes investir dans la santé sexuelle pour éviter les grossesses précoces, les mariages d’enfants et les décès maternels ».

Dans cette optique, l’expert a formulé plusieurs recommandations : d’abord, sensibiliser les citoyens à l’importance de leur propre contribution à la mobilisation des ressources ; ensuite, renforcer la masculinité positive en intégrant les leaders d’opinion et religieux dans les campagnes de communication et de plaidoyer ; enfin, formaliser la collecte de fonds au niveau communautaire par l’intermédiaire des collectivités territoriales, afin d’assurer une gestion transparente et pérenne des capitaux.

Dr Clarisse Bougma, en tant que représentante de la directrice de la santé de la famille, a mis en lumière les efforts déployés par l’État burkinabè. Entre 2020 et 2025, le gouvernement a alloué près de 3,9 milliards de francs CFA pour l’acquisition de produits contraceptifs. Malgré la diminution des apports extérieurs, le ministère s’engage à poursuivre ses initiatives, notamment dans les régions les plus difficiles d’accès.

« L’activation des ressources internes représente une orientation stratégique majeure. Elle est la clé pour assurer la pérennité de nos initiatives et accélérer la réalisation des objectifs globaux », a-t-elle souligné.

Le coordinateur du REMAPSEN Burkina Faso, Boureima Sanga, a précisé que cette rencontre s’inscrit dans une démarche de plaidoyer et de renforcement des aptitudes des journalistes.

« Face à la complexité des crises actuelles, il est primordial que les médias maîtrisent les mécanismes de financement local pour éclairer le public et soutenir l’autonomie sanitaire du pays », a-t-il déclaré.

Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN), fondé en juin 2020, organise fréquemment de telles sessions à l’échelle nationale, avec le soutien du Partenariat de Ouagadougou, afin de favoriser l’émergence de solutions autonomes et pérennes.

Copyright © All rights reserved. | Newsphere par AF themes