16 septembre 2026

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Au Gabon, l’audit de la dette publique ramène le ratio d’endettement sous les 70 % du PIB

Le Gabon a franchi une étape décisive dans l’assainissement de ses comptes publics. À l’issue d’un audit lancé par l’État et clôturé au 31 décembre 2025, la dette consolidée du pays a été ramenée à 9 524,643 milliards de FCFA. Un chiffre bien en deçà des près de 11 700 milliards de FCFA qui étaient initialement pris en compte. Résultat : le taux d’endettement s’établit désormais à 68,91 % du produit intérieur brut, contre 84,6 % auparavant. Une correction de 15,69 points qui permet au pays de repasser sous le seuil communautaire de 70 % fixé par la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cémac).

Un chantier de vérification lancé en juin 2026

Les travaux ont été officiellement engagés le 17 juin 2026 par le Comité mis en place via l’arrêté n°077/MEFDPLVC du 27 avril 2026. Leur mission : vérifier, recenser et consolider l’ensemble des engagements financiers de l’État, en particulier les passifs exigibles. Pour ce faire, le Comité s’est appuyé sur les normes du Fonds monétaire international (FMI), notamment le Manuel de statistiques de finances publiques 2014 et le Guide des statistiques de la dette du secteur public. Le ratio de 68,91 % repose sur une première estimation du PIB nominal 2025, évalué à 13 822 milliards de FCFA.

Ce que révèle la comparaison avec la situation initiale

L’écart entre les deux évaluations est significatif : près de 2 175 milliards de FCFA ont disparu du stock consolidé de référence. Attention, il ne s’agit pas d’un remboursement effectif, mais d’une clarification des engagements réellement retenus. L’audit a passé au crible des projets non réalisés, des fonds non reversés au Trésor et des engagements qui étaient jusque-là comptabilisés comme passifs publics. Au final, la photographie de la dette gagne en précision.

Un nouveau cadre pour négocier avec le FMI

Cette remise à plat intervient à un moment charnière. En mars 2026, Libreville a en effet sollicité un nouveau programme économique et financier auprès du FMI. Le rapport d’audit a déjà été transmis à l’institution et servira de document de référence dans les discussions à venir. Pour le Gabon, le passage de 84,6 % à 68,91 % du PIB améliore le profil des finances publiques et replace le pays sous le critère communautaire. Un signal positif, à condition que les dépenses restent maîtrisées et que les arriérés soient apurés.

Une clarification qui ne vaut pas remboursement

Le gouvernement actuel peut être crédité d’avoir lancé cet exercice de vérité sur une situation financière lourde héritée du pouvoir déchu. Il faut toutefois garder à l’esprit que la baisse affichée ne signifie pas que 2 175 milliards de FCFA ont été remboursés. Elle offre plutôt une base plus solide pour piloter les finances publiques, négocier avec le FMI et préparer une stratégie de désendettement.

Avec 9 524,643 milliards de FCFA « juste » à gérer, la pression retombe quelque peu pour l’exécutif gabonais.

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