Atelier CEDEAO genre climat et économie verte à Abidjan en 2026
L’Afrique de l’Ouest mise sur l’égalité des genres pour accélérer sa transition écologique
Abidjan a accueilli, début mai 2026, un atelier régional d’envergure organisé par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cet événement de deux jours, centré sur le genre, le changement climatique et l’économie verte, a réuni des experts, des représentants institutionnels et des partenaires techniques. L’objectif ? Tracer la voie vers des politiques environnementales plus inclusives, tout en renforçant l’autonomisation économique des femmes dans la sous-région.
Une initiative portée par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre
Initié par le Centre de la CEDEAO pour le Développement du Genre (CCDG), avec le soutien d’ONU Femmes, cet atelier s’articule autour du thème : « Action climatique et transitions vertes sensibles au genre en Afrique de l’Ouest ». Il s’agit de poser les jalons d’un programme régional intégré, visant à renforcer la participation féminine dans les politiques environnementales et les opportunités économiques liées à l’économie verte.
L’urgence d’une approche inclusive face aux défis climatiques
À l’ouverture des travaux, la directrice du CCDG, Sandra Oulaté, a mis en lumière l’urgence d’une approche inclusive pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique en Afrique de l’Ouest. Elle a rappelé que les femmes, en particulier dans les zones rurales et agricoles, sont les premières victimes des dérèglements climatiques, subissant de plein fouet les sécheresses, les inondations et la dégradation des terres.
Le futur programme régional, prévu pour 2030, ambitionne de faciliter l’accès des femmes aux financements verts, aux emplois durables et aux opportunités économiques découlant des politiques environnementales. Une avancée majeure pour garantir une transition juste et équitable.
La Côte d’Ivoire saluée pour ses avancées en matière d’environnement et de genre
Au nom du ministre délégué chargé de l’Intégration africaine, Louis-Philippe Boni a souligné les efforts significatifs de la Côte d’Ivoire dans les domaines de l’environnement et de l’égalité des genres. Le pays se distingue notamment par ses politiques de reboisement, sa transition énergétique ambitieuse et la promotion de la représentativité féminine dans les instances décisionnelles.
Il a également appelé à une coopération renforcée entre les États membres de la CEDEAO pour améliorer l’accès des femmes aux mécanismes de financement vert et leur participation active aux initiatives climatiques régionales.
Des défis persistants pour les femmes en milieu rural
Représentant le ministère ivoirien de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Dr Namizata Binaté a mis en avant les impacts dévastateurs des catastrophes naturelles sur les femmes rurales. Sécheresses, inondations et appauvrissement des sols menacent leur sécurité alimentaire et leur stabilité économique. Elle a plaidé pour une implication accrue des femmes dans les mécanismes de décision liés aux politiques climatiques.
L’agriculture ouest-africaine : un secteur clé à transformer
Pour le commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la CEDEAO, Dr Kalilou Sylla, les femmes jouent un rôle central dans l’économie agricole de la sous-région. Pourtant, elles restent confrontées à des obstacles majeurs : accès limité aux ressources productives, difficultés d’obtention de financements, et manque de représentation dans les instances dirigeantes.
Selon lui, l’égalité des genres est un levier indispensable pour construire des économies plus résilientes face aux défis climatiques. Une transition verte réussie passe nécessairement par une inclusion renforcée des femmes à tous les niveaux.
Un programme régional ambitieux pour 2030
Les participants à cet atelier ont pour mission de définir les grandes orientations du futur programme régional : budget alloué, mécanismes opérationnels et feuille de route pour les années à venir. Une étape cruciale pour concrétiser les ambitions climatiques et sociales de la sous-région.