6 août 2026

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36 migrants africains expulsés aux États-Unis portent plainte à Yaoundé

FILE PHOTO: A detained woman sits inside a vehicle surrounded by federal agents, as immigration enforcement continues after a U.S. Immigration and Customs Enforcement (ICE) agent fatally shot Renee Nicole Good on January 7 during an immigration raid, in Minneapolis, Minnesota, U.S., January 21, 2026. REUTERS/Leah Millis/File Photo

36 migrants africains expulsés aux États-Unis portent plainte à Yaoundé

Trente-six ressortissants africains, expulsés des États-Unis vers le Cameroun en début d’année, ont saisi la justice camerounaise pour contester leur situation administrative et demander une protection juridique. Leur avocat, Me Joseph Fru Awah, dénonce un système qui utiliserait le Cameroun comme pays de transit pour des renvois vers des zones à risque.

Une plainte pour suspendre l’accord migratoire et obtenir un statut

Les 36 migrants, issus de neuf pays africains, ont déposé une plainte devant le tribunal administratif de Yaoundé. Leur objectif : suspendre l’accord migratoire liant le Cameroun aux États-Unis et obtenir un statut légal leur permettant de résider dans le pays. Ils craignent surtout d’être renvoyés vers leurs pays d’origine, où ils pourraient subir persécutions ou tortures.

« Le Cameroun ne peut servir de plaque tournante pour expulser des individus vers des situations dangereuses », a souligné Me Joseph Fru Awah. Leur avocat dénonce un vide juridique les privant de documents d’identité et de liberté de mouvement depuis leur arrivée au Cameroun.

Des profils protégés aux États-Unis, expulsés vers le Cameroun

Ces migrants, originaires de la République démocratique du Congo, du Ghana, de l’Angola, de l’Éthiopie, de la Sierra Leone, du Kenya, du Sénégal, du Zimbabwe et du Maroc, bénéficiaient jusqu’alors d’une protection judiciaire aux États-Unis. Entre janvier et mai 2026, ils ont pourtant été expulsés vers le Cameroun, où ils vivent désormais dans un centre géré par les autorités locales en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Un système d’expulsion controversé

L’administration américaine justifie ces transferts par l’impossibilité de renvoyer directement ces migrants vers leurs pays d’origine. Elle propose des accords financiers et brandit des menaces de restrictions de visas pour inciter des pays tiers, notamment africains, à accepter ces expulsions. Le Cameroun figure parmi les pays ayant signé de tels accords, aux côtés de la Centrafrique, de la Guinée équatoriale, du Ghana, du Rwanda, du Soudan du Sud, de l’Eswatini, de la République démocratique du Congo et de la Sierra Leone.

Cette pratique soulève des questions éthiques et juridiques, alors que les 36 plaignants réclament une protection immédiate et la fin de leur précarité administrative.

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